Aller au contenu

Insee Analyses Nouvelle-Aquitaine • n° 161 • Avril 2025

L’Île d’Oléron, deuxième plus grande île de France métropolitaine après la Corse, se distingue par l’importance de ses résidences secondaires, qui constituent près de 62 % de son parc immobilier, bien au-delà de la moyenne départementale (22 %) et régionale (11 %). Cette particularité, loin d’être un déséquilibre, reflète avant tout de l’attrait exceptionnel de l’île et son rayonnement touristique, qui contribue à sa vitalité économique et à son identité.

Si certaines communes affichent des proportions remarquables près de 80 % de résidences secondaires à La Brée-les-Bains, 74 % à Saint-Denis-d’Oléron ou encore 72 % à Saint-Georges-d’Oléron cela illustre surtout le choix de nombreuses familles, souvent depuis plusieurs générations, d’investir dans ce territoire et d’y entretenir un lien durable (Devenir “nantis” après une vie de-labeur-une-realite-bien-loin-des-cliches/). Ces résidences permettent à l’île de au rythme des saisons, de bénéficier d’une attractivité nationale et internationale, et de soutenir une grande partie des activités économiques liées au tourisme, au commerce local ou encore aux services.

Les propriétaires de résidences secondaires, majoritairement des retraités ou des familles attachées à la qualité de vie insulaire, participent activement à la dynamique locale. Leurs dépenses sur place, leurs investissements dans l’entretien et la rénovation du bâti, tout comme leur implication associative et citoyenne, renforcent l’économie et le tissu social. Loin d’accentuer une fracture, leur présence assure une continuité et un partage de richesses entre habitants permanents et temporaires.

Pourtant, ces propriétaires sont aujourd’hui soumis à des politiques fiscales de plus en plus lourdes. Depuis 2024, toutes les communes de l’île appliquent une surtaxe de taxe d’habitation sur les résidences secondaires allant de 30 % à 50 %, notamment à Saint-Trojan-les-Bains, ce qui fait peser une charge disproportionnée sur des ménages parfois modestes qui contribuent déjà largement aux recettes communales. Par ailleurs, des dispositifs incitatifs cherchent à transformer leurs logements en locations annuelles, alors même que les résidences secondaires remplissent une fonction essentielle : celle de soutenir l’activité touristique et de préserver l’attractivité du territoire.

L’étude de l’INSEE ci-dessous vous propose donc de revenir sur la situation particulière de la Nouvelle-Aquitaine, afin de mettre en lumière le rôle des résidences secondaires comme moteur économique, vecteur d’identité culturelle et facteur d’ouverture du territoire. L’enjeu est de réfléchir à un équilibre juste et respectueux, où résidents permanents et secondaires seront perçus non pas comme opposés, mais comme complémentaires dans la vitalité de l’île.


BULLETIN D’ADHÉSION À NOTRE ASSOCIATION

X